Régime sans gluten: mythe / réalité ?

MytheOuRealiteLe régime sans gluten n’est pas «que» tendance. C’est le quotidien des personnes atteintes de la maladie cœliaque, insuffisamment diagnostiquée.

Il a fallu cinq ans pour qu’Angélique Dhoye soit diagnostiquée intolérante au gluten. Les premiers signes ont commencé à l’adolescence, vers l’âge de 15 ans : amaigrissement inquiétant, diarrhée chronique…

« J’avais perdu 10 kilos, on me disait au départ que c’était le stress », se souvient la Haut-viennoise âgée aujourd’hui de 32 ans. Une fibroscopie avec biopsie intestinale et une prise de sang ont finalement révélé l’origine de ses symptômes : la maladie cœliaque – en rapport avec la cavité abdominale, autre nom de l’intolérance au gluten –. Actuellement, environ 100.000 personnes en France en sont officiellement atteintes, mais l’association française des intolérants au gluten (AFDIAG) estime qu’elles seraient cinq fois plus. « Chez l’adulte, cette maladie est mal détectée », poursuit Angélique Dhoye, déléguée de l’AFDIAG en Haute-Vienne.

« Une éviction totale »

Le seul traitement consiste en une « éviction totale et à vie de tout aliment à base de gluten » : « Je n’ai pas droit au blé, au seigle, à l’orge… ». La jeune femme a donc renoncé aux céréales, au pain, aux pâtes, quiches, pizzas, gâteaux et à des montagnes de produits susceptibles de contenir cette protéine toxique pour les malades, des bouillon-cubes à la sauce soja (et même des médicaments!). « La première chose à avoir, c’est une loupe pour lire la composition des produits », recommande cette experte en déchiffrage des étiquettes de l’industrie agro-alimentaire. « Il ne faut pas être pressé quand on fait ses courses car rien n’est acquis. Les ingrédients peuvent changer. »

Heureusement, la gamme des produits estampillés sans gluten s’est élargie dans la grande distribution et les magasins bios. « Il y a un effet de mode autour du régime sans gluten qui nous sert, parce que que nous avons plus de choix qu’à une époque, et nous dessert, parce que c’est devenu un marché et que les prix restent élevés », poursuit Angélique Dhoye. L’alimentation sans gluten représente en effet un budget conséquent. À moins de cuisiner entièrement soi-même, « tout est plus cher. »

Une prise en charge
par l’assurance-maladie

A tel point que depuis 1996, l’assurance-maladie rembourse, sur demande du médecin traitant et uniquement pour les malades cœliaques, une partie des frais liés aux dépenses pour ces aliments spécifiques (45,73 € par mois pour un adulte ; 33,54 € pour un enfant jusqu’à dix ans). 131 personnes sont concernées en Limousin par cette prise en charge.

À base de farine de châtaigne, de riz ou de maïs, entre autres, les produits sans gluten sont identifiables via le logo représentant un épi de blé barré dans un cercle. Fruit d’un contrat entre un industriel et l’AFDIAG, il n’est attribué que si la teneur en gluten résiduel ne dépasse pas 20 mg/kg et fait l’objet d’analyses annuelles.

Angélique Dhoye a renoncé à « la bonne baguette française », parfois à des repas collectifs, et sélectionne avec soin ses restaurants en appelant à l’avance pour être certaine qu’elle pourra manger sans crainte des conséquences. Des contraintes qui la rendent un peu amère sur ceux qui arrêtent le gluten pour des raisons d’agrément…

Un régime très (ou trop) populaire ?

Des salaisons, du pain, des desserts sans gluten : en Limousin, des charcutiers, boulangers et pâtissiers se sont mis à proposer ce type de produits, surfant sur une vague mondiale popularisée aussi bien par le tennisman Novak Djokovic que l’actrice Gwyneth Paltrow.

Soi-disant perte de poids et amélioration des performances sportives : l’adoption du régime « gluten free » est sujet à controverse. C’est surtout un marché colossal, avec des ventes toujours en hausse dans la grande distribution : +29 % en 2012, +32 % en 2013 et +42 % en 2014, selon la société d’études Iri France.

Pour ce qui est des produits artisanaux ou des plats proposés dans les restaurants, les malades cœliaques sont plus que dubitatifs.

« Pas sans avis médical »« Je ne suis pas certaine qu’ils conviennent aux personnes véritablement intolérantes au gluten, pour lesquelles aucune trace n’est possible », nuance Angélique Dhoye, quelque peu irritée par cette tendance. « La farine étant très volatile, il faut que les aliments soient vraiment confectionnés à part, avec des ustensiles différents. Or il y a de fortes chances pour qu’ils soient “contaminés”. »

Côté restauration, l’AFDIAG labellise et recense dans un catalogue les établissements estampillés « sans gluten », mais la région n’en compte a priori aucun.

Quoi qu’il en soit, le régime sans gluten, s’il est effectué pour des raisons de santé, nécessite avant tout des examens préalables. « Il ne doit pas s’effectuer sans avis médical », prévient le docteur Debette-Gratien, du CHU de Limoges.

Hélène Pommier

Publié dans Revue de Presse

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